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LE NOMBRE DANS LA BIBLE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pasteur Ben Issouf   


Israël et la plupart de ses voisins employaient un système décimal pour compter. Dans l'AT et le NT, les nombres sont généralement écrits en toutes lettres et non pas en chiffres. Des inscriptions araméennes des 6ème – 4ème siècles av. J.C. témoignent de l'existence d'un système de chiffres; des traits verticaux servaient pour les unités et des traits horizontaux pour les dizaines. On a suggéré que les listes d'Esdras 2 et de Néhémie 7 étaient à l'origine exprimées en chiffres, ce qui pourrait expliquer les différences.

L'utilisation des lettres de l'alphabet pour les nombres se trouve pour la première fois sur des pièces de monnaie du temps des Maccabées, deux siècles av. J.C., et est due à l'influence grecque. Les neuf premières lettres servaient pour les nombres de 1 à 9; les neuf suivantes représentaient les dizaines de 10 à 90 et les quatre dernières les centaines de 100 à 400 (le nombre 15 exprimé par 6 et 9, car les lettres correspondant à 10 et 5 formaient les consonnes de Yah, une forme du nom sacré de Dieu).

La Bible donne occasionnellement des exemples d'arithmétique (par exemple, la multiplication en Lévitique 25:8). Les nombres sont parfois utilisés avec une signification approximative, comme dans Esaïe 17:6.

10 avait souvent le sens de « beaucoup » (p. ex. Genèse 31:7), 40 exprimait la durée d'une génération (p. ex. Juges 3:11; 5:31) et les chiffres tels que 1000 et 10000 représentaient un grand nombre indéfini, une multitude (p. ex. Deutéronome 32:30).

Difficultés posées par des nombres[1]

Certains des très grands nombres figurant dans l'AT créent des difficultés évidentes d'interprétation, surtout quand des textes et des versions différents donnent des chiffres divergents. Le texte hébreu évalue à 1656 années le temps écoulé entre la création et le déluge; la Septante parle de 2262 et le texte samaritain de 1307. Le nombre de personnes présentes sur le bateau de Paul (Actes 27:37) est tantôt de 276 tantôt de 76; le « nombre » de la bête dans Apocalypse 13:18 est 666 ou 616. Etant donné que les Israélites étaient moins nombreux que les Cananéens (cf. Exode 23:29; Deutéronome 7:7,17, 22), l'archéologie montre que les chiffres du recensement impliquant une population de 2 à 3 millions demandent des recherches et une interprétation.

Le mot « mille » peut aussi avoir le sens de « famille » ou « clan », et J.W. Wenham a suggéré qu'il faut parfois revoir la vocalisation (les voyelles ne figuraient pas dans le texte hébreu) pour arriver au sens d'« officier » ou de « guerrier », ce qui revient à réduire le nombre de combattants à 18 000, correspondant à une population masculine d'environ 36 000 (cf. Nombres 3:43) et à une population adulte de 72 000. Ceci aide aussi à rendre compte des « milliers » tués au combat car c'est compatible avec la pratique ancienne de la sélection des soldats assurant la plus grande partie des combats (comme dans l'incident qui a opposé David à Goliath).

Nombres significatifs

Dans la Bible, les nombres ont souvent une signification théologique ou symbolique. Un exprime l'unité de Dieu et le fait qu'il est unique (Deutéronome 6:4); le péché comme la rédemption sont venus dans le monde par une personne (Romains 5:12,15). Deux indique éventuellement l'unité (Genèse 2:24) et la coopération (Luc 10:1). Trois est associé à la Trinité (p. ex. Matthieu 28:19) et le « troisième jour » semble indiquer quelque chose d'achevé et de parfait (Luc 13:32). C’est le chiffre de la Divinité. Quatre est aussi une image de la réalisation parfaite en Eden (Genèse 2:10), dans le ciel (Apocalypse 4:6) et dans l'histoire (quatre royaumes dans Daniel 2 et 7). Cinq et dix sont fréquents en raison de l'emploi du système décimal; dans une parabole, Jésus a parlé de dix mines, dix serviteurs et dix villes (Luc 19:11ss). Dix a aussi le sens d'achèvement; dix puissances ne peuvent séparer le croyant de Dieu (Romains 8:38), mais dix péchés le peuvent (1 Corinthiens 6:9s.).

 Sept vient en tête parmi les nombres symboliques. Le repos de Dieu, au septième jour, a offert un modèle pour la vie de l'homme (Exode 20:10; Lévitique 25:2ss); le jour des expiations se situait le septième mois (Lévitique 16:29). Les prêtres ont fait le tour de Jéricho sept fois (Josué 6:4). Daniel a parlé de sept « temps » pour que les desseins de Dieu se réalisent pleinement (Daniel 4:20) et Jean a vu sept chandeliers, sept étoiles et des bêtes à sept têtes dans sa vision céleste (Apocalypse 1:12,16; 12:3; 13:1), sans oublier les sept églises. Sept, a dit le Pasteur Georges Steveny, est la somme de 4 et 3 et correspond à l’intervention de Dieu sur la terre, mais 3 x 4 décrit toujours le résultat de l’intervention de Dieu dans l’histoire des hommes. Sept semble être le chiffre de la plénitude, de la perfection.

Douze est lié au plan divin d'élection: douze tribus, douze apôtres et naturellement douze mois et douze heures (Jean 11:9). Quarante est associé à presqu’un tout nouveau développement dans l'histoire des actes puissants de Dieu: le déluge (Genèse 7:17), Moïse sur la montagne (Exode 24:18), les espions en Canaan (Nombres 13:25), le voyage d'Elie (1 Rois 19:8), la tentation de Jésus (Matthieu 4:2) et les apparitions après la résurrection (Actes 1:3). Soixante-dix est en rapport avec l'administration du monde par Dieu: les 70 descendants de Noé repeuplèrent le monde (Genèse 10), 70 personnes vinrent en Egypte (Genèse 46:27); Juda connut un exil de 70 ans (Jérémie 29:10). Deux nombres de l'Apocalypse sont particulièrement symboliques: 666 (13:18) qui évoque le chaos et a été identifié à des empereurs romains, à un système religieux, et 144 000 (7:4; 14:1) qui est le nombre de douze (nombre de l'élection) élevé au carré et multiplié par mille (une quantité infiniment grande) et symbolise le nombre total des croyants de l'ancienne et de la nouvelle alliance que Dieu s'est acquis.

            Jacques Doukhan dans Cri du Ciel, page 103-104, dit que le nombre 144 000 composé de 12 x 12[2], est symbolique. 12, ici intensifié, est le nombre de l’alliance entre Dieu et son peuple (4, nombre de la terre, x 3, nombre de Dieu). C’est aussi le nombre des 12 tribus d’Israël qui sont ici toutes mentionnées (Apoc  7. 4-8). Chaque tribu comprend 12 000 personnes. Quand au nombre 1000 qui multiplie 12, il traduit non seulement l’idée de multitude, mais également à travers l’étymologie hébraïque qu’il présuppose, celle de tribu. En hébreu, le mot elef (mille) désigne également la tribu, la foule, le clan, ou même le regiment. Le nombre 12 000 signifie donc la tribu dans toute sa plénitude. Or à l’époque de Jean, la plus part des tribus en tant que telles ont disparu. Il ne reste plus que Juda, Benjamin et Lévi.


Pasteur Ben Issouf OUEDRAOGO



[1] Extrait du Dictionnaire Biblique pour tous

[2] Le Pasteur Georges Steveny pense que 12 x 12 = 144 est le carré de 12, une manière propre à la guématria de dire que cette fois sa sainteté est parvenue à son accomplissement.