La Beauté et Défi de l’identité.
Qui suis-je ? C’est probablement l’une des questions les plus complexes que l’on puisse se poser. La réponse, elle, tient compte de nombreux facteurs.
Quelqu’un peut dire : Je suis une fille arabe, un joueur allemand, ou un policier yankee L’expression « fille arabe » est une description très générale qui ne fournit que peu d’informations sur le contexte de la personne. Il peut s’agir d’une princesse musulmane de Doubaï, d’une chrétienne égyptienne, ou d’une réfugiée syrienne. Le joueur allemand peut être un Nigérian de l’ethnie Yoruba, et dont les parents sont originaires du Togo. Il peut s’agir d’un footballeur allemand naturalisé qui possède désormais deux citoyennetés. Le policier yankee pourrait aussi s’identifier comme un athée travaillant à New York, lequel vient de passer un test d’ADN qui révèle ses origines néerlandaises, amérindiennes, africaines noires, irlandaises, et mongoles. Comme nous pouvons le constater, notre identité peut être décrite par de nombreux aspects différents : citoyenneté, biologie, géographie, religion, culture et profession, pour n’en citer que quelques-uns.
ASPECTS DE L’IDENTITÉ
Dans la plupart des cas, la façon dont les gouvernements et les communautés nous identifient ne relève pas de nos choix. Notre identité est influencée et formée avant même notre naissance, à la fois en termes de traits biologiques et de structures sociales. Au fur et à mesure que nous vieillissons, les occasions de consolider notre identité se multiplient. L’éducation et les influences sociales jouent un rôle majeur dans ce que nous choisissons d’incorporer à notre identité.
Selon l’endroit où nous habitons et le degré de liberté dont nous disposons, nous pouvons remettre en question certaines hypothèses etfaire des choix difficiles, des choix susceptibles de modifier notre identité – changer de religion, d’affiliation politique, de nationalité même, etc. Certains de ces choix peuvent découler de circonstances éprouvantes. Par exemple, un réfugié persécuté en raison de sa religion peut décider de changer d’identité nationale à cause des traitements cruels qu’il subit dans son pays d’origine.
Certains aspects de notre identité sociale et culturelle sont mieux compris lorsque nous prenons du recul et que nous établissons des comparaisons avec d’autres cultures. Moi, je suis né au Brésil. Mais je n’ai pris conscience de certaines facettes profondes de mon héritage culturel brésilien que lorsque j’ai quitté mon pays et que j’ai pu voir mon identité sous un angle différent. Mes échanges avec des Allemands et des Latinos (d’origine portugaise et espagnole) en dehors du Brésil m’ont permis de mieux comprendre mes traits culturels germaniques et latins.
Après avoir vécu longtemps en dehors de son pays d’origine, on peut se retrouver avec une crise d’identité. Cette crise se développe au fur et à mesure qu’on adopte certains aspects de la nouvelle culture en plus de sa propre culture. Parfois, il peut y avoir un conflit de valeurs. La plupart de ces valeurs ne concernent pas le bien et le mal, mais sont simplement des façons différentes de faire les choses. Par exemple, une personne issue d’une culture au style de communication plus nuancé peut penser que les personnes issues d’une culture d’orientation directe sont impolies lorsqu’elles s’expriment directement. Lorsque nos valeurs sont remises en question, notre identité l’est aussi.
ENRACINÉS DANS LA CRÉATION
Ceux qui croient en la Bible en tant que révélation du plan de salut de Dieu pour la planète et pour eux en tant qu’individus, se considèrent, en matière d’identité, d’abord et avant tout comme des enfants de Dieu (cf. Gn 1.26, 27 ; Km 8.16). Cela signifie qu’ils ont été créés par Dieu pour grandir dans la connaissance et le bonheur. Lorsque nous acceptons cette vérité biblique, cela change la compréhension de notre propre identité. Nous comprenons que, bien que nous soyons citoyens d’un certain lieu ou que nous appartenions à un certain groupe de personnes, notre identité fondamentale est enracinée dans le grand récit biblique de l’histoire de l’humanité, et ce que Dieu a fait et fera pour tout restaurer à la perfection. Nous comprenons qu’il existe un code de conduite morale et un idéal sur la manière dont nous devons vivre et nous traiter les uns les autres.
Le grand récit de la Bible inclut le concept du nouveau royaume que Jésus est venu établir – un royaume fondé sur l’amour, la justice, le respect, et la liberté. Même en ce qui concerne notre liberté, nous comprenons que, dans les choix que nous faisons, les idéaux et la loi de Dieu, tels que révélés dans la Bible, fixent la norme de conduite quant à la façon dont nous devons vivre. Nous choisissons la norme de Dieu parce qu’il sait ce qui est le mieux pour nous, même si cela contredit nos préférences et inclinations personnelles. Nous faisons confiance à la promesse disant que Dieu nous donne une nouvelle dimension d’identité, à travers Jésus, laquelle transcende et guide toutes les autres compréhensions de notre propre identité. « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
COMMENT LES CHOSES PEUVENT MAL TOURNER
Une compréhension correcte de l’identité devrait nous conduire à aimer et à respecter notre prochain. Malheureusement, des choses terribles se produisent lorsque nous établissons des stéréotypes et des discriminations sur la base de différences identitaires. C’est le cas de la race, de la couleur de peau, de l’appartenance religieuse, de l’allégeance politique. II semble que l’humanité trouve constamment des raisons pour discriminer. C’est parce que la discrimination est fondée sur la nature mauvaise de tous les êtres humains. Des gens de toutes origines culturelles ont commis des actes terribles à rencontre de leurs propres voisins et des étrangers.
Au cours de ma croissance, j’ai découvert certains aspects de l’identité des gens. Tout d’abord, j’ai compris que le racisme est une forme de discrimination entre des personnes de couleur de peau différente. J’en ai été témoin dans mon pays d’origine. Lorsque, à l’âge de 21 ans, je suis allé en Afrique en tant que bénévole, j’ai découvert au moins autant, sinon plus, de discrimination entre certaines tribus que de discrimination entre les personnes de différentes couleurs de peau dans mon propre pays- Sous le choc, je me suis dit : Mais comment est-ce possible ?
Plus tard, à ma grande horreur, le monde a été confronté à la triste réalité du génocide au Rwanda. Dans l’un des plus petits pays du inonde, long de plus d’une centaine de kilomètres, deux grands groupes ethniques se sont affrontés. Plus de 800 000 vies ont été fauchées. À l’époque, la population du pays était d’environ 7 millions d’habitants – ce qui signifie qu’au moins 11 pour cent de la population a été tuée. Une étude menée par l’Université Yale estime que jusqu’à 14 pour cent de la population a perdu la vie pendant le génocide.
Pour mettre les choses en perspective, si l’on applique le pourcentage estimé par Yale à la population des États-Unis, on obtient le chiffre stupéfiant de 46 millions de personnes tuées en moins d’un an. En Afrique du Sud aujourd’hui, cela représenterait 8,4 millions de personnes, et en Corée du Sud, plus de 7 millions de personnes. Les gens peuvent se faire des choses terribles les uns aux autres lorsqu’ils acceptent une vision déformée de l’identité humaine. Comme je l’ai mentionné, cela s’est produit et continue de se produire partout.
ENRACINÉS EN CHRIST
Entrez dans la peau de Jésus. Il a brisé toutes les barrières en aimant tous les gens et en se mêlant à eux. Pendant son séjour terrestre, les Juifs discriminaient leurs voisins samaritains au point qu’un Juif ne parlait pas à un Samaritain. Dans une réprimande directe, Jésus a illustré ce qu’est le vrai prochain en racontant l’histoire du bon Samaritain (Le 10.25-37). Il a montré le Samaritain victime de discrimination comme un exemple de bonté et d’amour, alors que même les chefs religieux manquaient à leur devoir.
Dans le livre Jésus-Christ, Ellen White décrit magnifiquement la façon dont Jésus traitait les Samaritains : « Jésus avait commencé de s’attaquer au mur de séparation qui se dressait entre Juifs et païens, et de prêcher le salut du monde. Quoique Juif, il frayait librement avec les Samaritains, sans tenir aucun compte des coutumes pharisiennes. En dépit des préjugés, il acceptait l’hospitalité d’un peuple méprisé. Il dormit sous leur toit, mangea à leur table, prenant des aliments préparés et servis par eux ; il enseigna dans leurs rues et se montra plein de bonté et de courtoisie. »
II est tout à fait normal d’avoir une identité nationale ou communautaire. Nous ne vivons pas dans l’isolement, Nous faisons partie de groupes qui possèdent des identités culturelles et sociales similaires. Le problème se pose lorsque nous exploitons ou maltraitons ceux qui peuvent être différents de nous. Notre identité ne doit jamais nous amener à compromettre nos valeurs chrétiennes. Jésus n’a jamais enfreint la loi. En fait, il en a élevé la norme en montrant que l’on peut transgresser la loi dans son cœur en haïssant les autres (Mt 5.21, 22).
Notre identité a été entachée et déformée par rapport au plan original de Dieu. Mais il y a de l’espoir – non pas en suivant ce que nous pensons que notre identité devrait être, mais en faisant confiance à celui qui nous a créés.
Pour assurer le bon fonctionnement d’une machine, nous devons suivre le manuel de son créateur afin de l’utiliser au mieux. Si on dit elle est maintenant à moi et je suis libre de la régler et de l’entretenir comme je l’entends, on risque d’avoir de graves problèmes. Aime riez-vous voler à bord d’un avion d’une compagnie aérienne appartenant à quelqu’un qui ne tient pas compte du manuel et qui entretient les avions comme il le veut ? Je pense que vous comprenez ce que je veux dire. En matière de spiritualité, le principe est le même. Notre Créateur sait ce qui est le mieux pour nous. Il sait aussi qu’un ennemi a endommagé sa création originale. Heureusement, nous pouvons choisir d’être réparés. Dieu veut recréer et imprimer une nouvelle identité en nous. Les cœurs haineux deviendront des cœurs aimants, « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque. aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (l Jn4.7)
Si nous écoutons le Créateur, la question « Qui suis-je ?» ne sera plus complexe. « Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu. » (Jn 1.12, 13)
Une nouvelle identité ? Un nouveau moi ? Absolument ! « Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit : Écris ; car ces paroles sont certaines et véritables. » (Ap 21.5)
Extrait de la Revue
Adventist World


